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Le moment tant redouté...

Que faire? on prend un 2ème avis? et si celui ci est différent on en prend un 3ème? si le 2ème est le même, on aura perdu combien de temps? On y va, on programme l'intervention. Cela sera pour le 24 février 2009, un mardi. 

On continue de se rendre régulièrement en neuro-chir, on se familiarise avec les lieux, on rencontre l'anesthesiste, qui nous explique l'intervention et Nathanael reçoit chaque semaine une injection d'erythropoietine (E.P.O), afin d'augmenter son volume sanguin et de diminuer les risques de transfusion sanguine.

Pour l'opération, ils vont ouvrir sa peau d'une oreille à l'autre, découper son crâne en plusieurs morceau et reconstituer ensuite. Cela me donne la nausée, j'imagine la souffrance de mon bébé, je me sens responsable, je voudrais prendre sa place, j'imagine le pire, la perte de cet enfant tant aimé.

Le moment du départ arrive. Nos valises sont prêtes, on retient nos larmes devant nos proches qui en font autant. Le seul sentiment que j'ai, c'est que j'envoie mon fils à l'abattoir.

On est bien accueilli. J'ai un lit auprès de lui pour la première nuit. Le professeur passe me voir vers 22h pour me dire qu'il sera le premier le lendemain.

Je ne dors pas beaucoup, je le regarde dormir paisiblement. Il ne comprends pas encore ce qui se passe. A 7h, ils viennent le chercher pour le laver et me disent que je ne pourrais plus le caliner ensuite. On prend donc un moment pour le serrer fort, lui dire qu'on l'aime, et qu'on est là. On lui explique qu'il va faire un gros dodo et que quand il se reveillera, papa et maman seront là. Il aura peut-etre un peu bobo à sa tête. Je ne sais pas ce qu' il comprend à 15 mois, mais il n'a pas l'air inquiet. On se fait violence pour ne pas pleurer devant lui, qu'il ne ressente pas notre angoisse.

L'attente commence, il y a eu une urgence, il sera opéré juste après. Je ne suis pas outrée, nous sommes dans un service de neuro-chirurgie pédiatrique, et si un enfant a besoin d'être opéré en urgence, c'est que son cas est beaucoup plus grave que mon loulou.

10h, on vient enfin nous chercher, on aura le droit de l'accompagner à l'entrée du bloc. On nous habille, Nathanaël est éveillé, il nous sourit. L'angoisse monte. On attend qu'ils nous le prennent en salle de réveil. On y voit des patients qui sortent du bloc, qui sont intubés, c'est très impressionnant. On réalise enfin ce qui va se passer et on ne peut retenir nos larmes. Ils l'emmenent, on lui dit au revoir, en priant très fort pour qu'il revienne vite.

 Les heures passent sur ce fauteuil inconfortable, devant la porte d'ascenceur, celle qui nous rendra notre tout petit. On sort à tour de rôle, pour être sur qu'ils nous trouvent, au cas où...on sursaute à chaque fois que l'ascenceur s'ouvre. On a peur, on se sent coupable, on se sent impuissant.

Vers 17h30, l'ascenceur s'ouvre enfin sur le professeur Mottolèse, tout c'est bien passé, il est en salle de réveil. Soulagement...vivement qu'ils le remontent, qu'on le voit. On nous ramène notre garçon à 19h, avec un gros pansement sur la tête, des perfusions. Il ne pleure pas. L'infirmière nous aide à le mettre en pyjama et nous le met dans nos bras. On se retrouve enfin, le pire est passé.

Il reste 2 jours en soins intensifs puis regagne la nurserie. Le pansement est enlevé le 2eme jour. On découvre sa cicatrice et on se dit qu'il faudra s'habituer, car elle fait maintenant partie de la famille! son visage gonfle un peu, on ne sait pas si il a mal. Il pleure beaucoup le soir et appréhende le moment où le laissera, il mange peu, mais il passe ses journées en salle de jeux avec d'autres enfants.

Sa tête a repris une forme arrondie immédiatement, ça change même un peu son visage, mais il va bien, c'est l'essentiel, on va rentrer à la maison tous ensemble et oublier tout ça....